OHMCV

L’OHMCV (Observatoire Hydrométéorologique Méditerranéen Cévennes-Vivarais, http://www.ohmcv.fr/), labellisé Observatoire de Recherche en Environnement en 2002 puis Service d’Observation par l’INSU depuis 2006, est piloté par l’Institut des Géosciences de l’Environnement (IGE) de Grenoble en collaboration avec plusieurs laboratoires du CNRS et des Universités d’Avignon, Clermont-Ferrand, Grenoble, Montpellier, Nice, et Toulouse ainsi qu’avec l’Ecole des Mines d’Alès, l’IFSTTAR de Nantes, l’IRSTEA de Lyon et Météo-France.

Il fédère des compétences de chercheurs, ingénieurs et techniciens de disciplines variées (météorologie, hydrologie, géophysique, géographie, mathématiques appliquées et sociologie) pour traiter des questions scientifiques liées aux phénomènes hydrométéorologiques extrêmes (en particulier les pluies intenses et les crues-éclairs) affectant les zones méditerranéennes dans un contexte de changement global.

Du fait de la rareté de ces événements pour un lieu et une période donnée, des stratégies d’observation complémentaires sont mises en œuvre pour suivre les variables hydrologiques et sociales pertinentes :

  • une observation détaillée et durable sur les Cévennes et le Vivarais (site de méso-échelle de 32000 km²) de la pluviométrie, de l’humidité des sols, des hauteurs d’eau et débits des rivières, du suivi des sédiments ainsi qu’une caractérisation des propriétés physiques des bassins par des techniques géophysiques et géochimiques ; cette observation physique est complétée par une observation sociale des trajectoires résidentielles en zones inondables, des processus d’alerte, des mobilités quotidiennes et de l’exposition des automobilistes aux crues rapides;
  • la réalisation de retours d’expériences sur les phénomènes extrêmes se produisant sur l’ensemble des régions méditerranéennes de l’Europe de l’Ouest permettant de collecter, au moyen de relevés physiques et d’entretiens avec la population peu de temps après un événement majeur, des informations sur les plus hautes eaux atteintes, les débits de pointe, la dynamique des crues, la perception et la connaissance du risque et les comportements adoptés par la population.

La stratégie d’observation détaillée en Cévennes-Vivarais vise à documenter les phénomènes hydrométéorologiques de l’échelle de la parcelle à celles des bassins versants du Vivarais (Cance, Doux, Eyrieux), de l’Ardèche, de la Cèze, des Gardons et du Vidourle. Deux de ces bassins, l’Ardèche et les Gardons, bénéficient d’un suivi par l’OHMCV sur des petits bassins représentatifs des Cévennes et du Vivarais en termes de géologie, et d’occupation des sols. En Ardèche (2388 km²), il s’agit des bassins versants imbriqués du Gazel (3.4 km²), de la Claduègne (44 km²), et de l’Auzon (116 km²) qui possèdent des sols basaltiques en altitude (max. 1000 m) et marno-calcaires en bas de bassin (min. 121 m), une occupation des sols par des garrigues, forêts et pâturages en altitude et par des activités agricoles et viticoles en bas de bassin. Ces sites sont suivis par l’IGE Grenoble et l’IRSTEA de Lyon. Dans le bassin des Gardons (2062 km²), trois sous-bassins sont suivis. Deux sont situés dans la forêt cévenole : le bassin de Tourgueille (14.5 km², schistes) et celui de Valescure (3.9 km², granites). Le troisième, l’Avène (60 km²) est un bassin en partie urbanisé à proximité d’Alès avec une composante karstique marquée. Ces trois bassins sont suivis par l’UMR ESPACE, Mines Alès et HSM. Par ailleurs, l’OHMCV a intégré depuis 2015 les bassins du Mont-Lozère, 5 bassins de 0.2 à 14.5 km² entre 1150 et 1500 m d’altitude, suivis depuis les années 80 par l’UMR ESPACE et qui possèdent une géologie plutôt granitique et schisteuse avec des occupations du sol par des forêts et des pâturages.

Les suivis des petits bassins versants par les dispositifs d’observation recherche sont complétés à la plus grande échelle par ceux réalisés par des services opérationnels (Météo-France, Service de Prévision des Crues du Grand Delta et EDF).

L’ensemble de ces observations permet de mener des études concernant :

  • La compréhension du fonctionnement hydrologique des bassins versants soumis aux pluies intenses en région méditerranéenne ;
  • L’amélioration de la chaîne de prévision hydrométéorologique et la réduction de l’impact sociétal des événements extrêmes ;
  • L’occurrence de ces événements et leurs impacts ; leur évolution dans un contexte de changement climatique et de pression anthropique accrue.

Les observations “in situ” de l’OHMCV servent également à calibrer et valider des observations issues de la télédétection. Le SNO produit par exemple des réanalyses pluviométriques, fusion des observations radar et pluviométriques, et est impliqué dans le projet d’observation spatiale “Global Precipitation Measurement” de la NASA/JAXA.

L’OHMCV partage des terrains communs avec le site atelier Rivières Cévenoles de la Zone Atelier du Bassin du Rhône qui s’intéresse aux bassins de l’Ardèche, de la Cèze et des Gardons sur des problématiques scientifiques complémentaires concernant les étiages et la qualité de l’environnement.

Le SNO OHM-CV est résolument impliqué dans le méta-programme MISTRALS (Mediterranean Integrated STudies at Regional And Local Scales) et notamment dans HyMeX, l’un de ses projets. Ce projet international est dédié à l’étude du cycle de l’eau en Méditerranée, avec un intérêt particulier pour l’évolution de la variabilité climatique et pour la genèse et la prévisibilité des événements intenses.